Comment prévenir les blessures émotionnelles

 

Bonjour à vous, les sophronautes ! Je sais que vous êtes très friands de tout ce qui concerne la guérison de l'enfant intérieur, et dans ce nouvel article, j'aimerais parler de la prévention, car, après tout, ne dit-on pas que « prévenir vaut mieux que guérir » ? Parce que la majorité des blessures émotionnelles est infligée, le plus souvent involontairement, par les parents, c'est aux parents qu'il incombe de changer d'approche vis-à-vis de leurs progéniture, de travailler sur leurs propres blessures, mais aussi d'apprendre à respecter leurs enfants dans leur individualité et d'instaurer un climat de confiance, d'écoute et d'encouragement. Voici donc un petit guide des bons gestes à adopter.

 

1. Guérissez vos propres blessures

La très grande majorité des blessures émotionnelles ne sont pas infligées volontairement. La plupart des parents se débattent avec leurs propres démons intérieurs qui conditionnent leur comportement et génèrent nombre de réactions négatives et inappropriées. Pour les parents qui souhaitent adopter une approche éducative consciente, la première étape passe donc forcément par la guérison de leurs propres blessures. Apaiser votre propre enfant intérieur est probablement le plus grand service que vous rendrez à vos enfants, car cela vous évitera de projeter sur eux vos schémas et peurs inconscients. Vous serez ainsi moins enclins à les blesser ou à les entraver dans leur développement et dans leurs projets.

 

Par exemple, une mère obsédée par le regard des autres et par le « qu'en dira-t-on » risque de projeter cette crainte sur ses enfants. Son attitude deviendra vite despotique et elle cherchera à contrôler la façon dont son enfant se comporte, s'habille, le genre d'études qu'il fait et le type de personnes qu'il fréquente, parce qu'elle ne souhaite pas « qu'on » pense qu'elle est une mauvaise mère. Guidée par cette peur viscérale, cette femme passera complètement à côté des besoins véritables de son enfant qu'elle aura transformé en objet de plus destiné à maintenir sa bonne image aux yeux de la société. Si cette mère réalise suffisamment tôt ce qu'elle est en train de faire et qu'elle travaille sur les causes inconscientes de sa peur, elle pourrait découvrir quelques mémoires traumatiques d'humiliation où elle s'était sentie « moins que rien », où les autres l'avaient critiquée sur sa façon d'être ou de faire. En guérissant cette blessure et en se libérant de la peur du regard négatif des autres, elle serait non seulement libérée des diktats du paraître dans sa propre vie, mais elle sera naturellement plus incline à laisser ses enfants suivre leurs propres aspirations, car leur bonheur comptera davantage à ses yeux que quelques pitoyables commérages.

 

2. Apprenez à aimer inconditionnellement

Même si l'amour inconditionnel demeure aux yeux de la majorité une sorte d'idéal, rien ne nous empêche de tendre vers cet idéal dans notre vie de tous les jours, et plus encore lorsqu'il s'agit de nos relations les plus chéries. Aimer inconditionnellement n'est pas si compliqué en soi, cela veut simplement dire que vous choisissez d'apprécier l'autre quoi qu'il arrive. Par exemple, lorsque votre enfant revient de l'école avec une mauvaise note, vous pouvez choisir de le disputer (humiliation), de le punir (humiliation), de dire combien il vous a déçu (rejet)... ou bien, vous pourriez réaliser que votre enfant n'est pas là pour gâter votre ego de parent par ses bons résultats scolaires, mais pour vivre sa propre vie d'adulte, une vie qui commence par les conditionnements qu'il aura reçu de vous.

 

Dans ce cas de figure, choisir d'aimer votre enfant inconditionnellement reviendrait à l'aimer avec ou sans bons résultats scolaires, et à vous montrer encourageant envers lui : « Tu sais, ce n'est pas si grave, cette note. Je suis certain(e) qu'en y travaillant un peu, tu y arriveras », et d'appuyer vos propos par des actes, par exemple en l'aidant à dépasser ses difficultés, en l'accompagnant personnellement ou en faisant intervenir un soutien scolaire extérieur. Gardez aussi à l'esprit que quelquefois les résultats scolaires de votre enfant pourraient refléter le degré d'intérêt qu'il porte à telle ou telle matière. Chacun possède ses propres talents et il n'est pas réaliste pour une personne d'exceller dans tous les domaines. A bien y réfléchir, dans la vie, il n'aura à se consacrer qu'à une seule passion, alors autant miser là-dessus dès l'école.

 

3. Partez des besoins de votre enfant

Même si beaucoup de parents pensent tout faire pour le bien de leurs enfants, ils s'interrogent rarement sur ce dont leur enfant a réellement besoin. Agir pour le bien de votre enfant est très différent d'une action qui est basée sur ce que vous supposez être bien pour lui, car le plus souvent vos suppositions s'appuient sur vos croyances personnelles, sur votre éducation, vos blessures et vos manques.

 

Ainsi, un père qui plaçait toute sa foi en l'éducation ne se rendait même pas compte qu'à force de faire sans cesse travailler sa fille sur les devoirs scolaires, il l'avait à tel point coupée de ses amis qu'elle n'avait plus de vie sociale à seulement douze ans, l'âge où les enfants sont encore censés sortir et s'amuser ! Lorsque sa fille a fini par se rebeller à dix-huit ans et s'enfuir avec un garçon qu'elle aimait en laissant tomber ses études, il était hors de lui. Au lieu de se remettre en question et de réaliser qu'il avait grandement contribué à cette situation depuis des années en ignorant les besoins émotionnels et affectifs de son enfant, il a rejeté toute la faute sur elle, l'a qualifiée de fille indigne et lui a tourné le dos en lui infligeant ainsi la blessure de l'abandon.

 

Si ce même père partait des besoins véritables de sa fille, il aurait décelé dès le départ l'importance des liens affectifs et sociaux et aurait trouvé un juste équilibre entre la scolarité et les sorties entre amis, ce qui lui aurait évité de la blesser par ailleurs. Sans compter que certaines vocations sont basées sur les relations interpersonnelles, par conséquent si sa fille possédait ce talent caché, ce n'est pas face aux manuels scolaires qu'elle allait pouvoir le révéler !

 

En tant que parents conscients, on commence toujours par laisser tomber l'illusion de toute-puissance et reconnaître une bonne fois pour toute que non, on ne sait pas forcément ce qui est mieux pour son enfant. Pour agir véritablement dans l'intérêt de votre enfant, il vous faudra partir de ses besoins, ce qui vous demandera un peu d'observation et de dialogue. Dans l'exemple des études, observez vers quoi va naturellement son intérêt ? Dans quoi excelle-t-il facilement ? Ces activités expriment ses talents uniques et doivent être encouragées, car c'est « son domaine ». Saviez-vous qu'il existait huit formes d'intelligence différentes parmi lesquelles l'école ne valorise que deux ? Puisque l'école fait l'impasse dessus, c'est à vous qu'il revient de valoriser les capacités de votre enfant et de lui donner les moyens de ses ambitions en l'inscrivant à des cours et en lui fournissant un cadre et des supports qui lui permettent de progresser.

 

En plus d'être à l'écoute de votre enfant, encouragez-le à s'écouter lui-même et à vous communiquer ses besoins. S'il y a bien une personne qui puisse savoir ce qu'il lui manque, c'est lui.

 

Si vous ne parvenez pas à accepter les besoins et décisions de vos enfants et que vous pensez qu'ils font une erreur, rappelez-vous qu'il s'agit seulement de votre point de vue dicté par votre éducation, vos croyances et vos conditionnements, et en aucun cas cela ne représente une réalité objective. Interrogez-vous sur ce qui vous pousse à croire cela. Votre enfant ne part certainement pas des mêmes idées et croyances que vous, et il est tout à fait libre d'avoir ses propres points de vue. Le simple fait que vous ne soyez pas d'accord, ne justifie en aucun cas que vous lui mettiez les bâtons dans les roues. Même si vous êtes convaincus qu'il fait une erreur, laissez-le faire cette prétendue erreur et acquérir ainsi sa propre expérience (pourvu que cela ne mette pas sa vie en danger, bien entendu). C'est avant tout à ça que sert une vie, et celle de votre enfant lui appartient.

 

 

 

4. Sachez où est votre place

Selon leur âge, vous serez plus ou moins impliqué dans la vie de vos enfants et il vous faudra constamment ajuster votre distance vis-à-vis d'eux. Vos enfants ont besoin d'espace pour s'épanouir et la distance qui vous sépare d'eux ira naturellement grandissant avec l'âge. Un bébé de deux ans n'a pas besoin du même degré d'implication de ses parents qu'un ado de quinze ans, et si vous êtes effectivement parents d'un ado, ils vous le rappellera de temps en temps par un laconique « lâche-moi ». Un adulte, quand à lui, n'a pas du tout besoin de parents qui le supervisent, car il mène désormais sa propre vie, un fait que nombre de parents refusent d'accepter. Ainsi, pour les parents dont les enfants sont adultes, la meilleure attitude serait celle d'une attente active : n'émettez pas d'avis sur la vie de vos enfants à moins qu'ils ne le sollicitent, et ne dispensez vos conseils que s'ils vous le demandent.

 

Enfin, gardez à l'esprit qu'il n'y a pas d'approche parfaite ni de parent parfait. Il y a de fortes chances que vous ne puissiez pas totalement éviter à votre enfant d'être blessé, mais vous pourrez toujours vous améliorer et adopter une approche qui reflète au mieux votre nouvelle compréhension et vos valeurs parentales et éducatives. En d'autres termes, ne recherchez pas la perfection, mais le progrès.

 

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