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Comprendre et assumer son introversion

 

Il n'est pas facile d'être un introverti en Occident. Toutes nos interactions sociales sont créées sur le modèle extraverti et quiconque n'appartient pas à ce profil est dévisagé avec incompréhension ou suspicion, voire ouvertement jugé ! S'il n'est pas évident de concilier votre caractère discret avec les attentes de votre entourage, il existe des façons d'être et de communiquer qui vous éviteront de passer pour une bête noire et vous aideront à vous assumer.

 

Un drôle d'oiseau

Si vous êtes un introverti, vous êtes sans doute familier avec les qualificatifs de « casanier », « trop sensible », « timide » ou carrément « sauvage »... Il n'est pas facile d'être étiqueté ainsi dès le plus jeune âge, et, soyons honnêtes, ces adjectifs ne renvoient pas une image très valorisante de notre propre personne. Là où nos amis extravertis sont perçus comme joyeux, brillants, vifs, nous, les introvertis, sommes condamnés à être d'éternelles petites souris que personne ne remarque et à qui personne ne semble s'intéresser vraiment. Pourtant un profil ne vaut pas mieux qu'un autre et les deux façons d'être présentent des avantages et des inconvénients.

 

Dans la peau d'un extraverti

Les personnes extraverties dirigent leur attention et leur énergie vers le monde extérieur. Elles aiment créer du lien, car c'est dans la relation aux autres qu'elles trouvent leur épanouissement. Les extravertis recherchent activement des ambiances de groupe où ils auront l'occasion d'échanger des émotions positives : une sortie au restaurant entre collègues, une soirée dans une boite de nuit à danser avec des amis et des inconnus, un environnement de travail où ils sont entourés de collègues... Le contact avec l'autre recharge les batteries des extravertis, et après quelques heures passées à bavarder, rire et gesticuler, ils se sentent vivants et requinqués.

 

Parce qu'ils ont le contact facile et une bouille joviale, les extravertis sont prisés et populaires. La société les érige en exemple de comportement social « sain ». Ils ont tout pour être heureux, et pourtant les choses ne sont pas toujours aussi simples, car lorsqu'il s'agit de leur monde intérieur tout se complique. Il est très difficile pour un extraverti de rester seul face à soi-même, car il n'a qu'un accès limité à ses émotions et à son monde intérieur. Resté seul, ce profil se sent vide et s'ennuie facilement. Il a besoin des autres pour accéder à son vécu émotionnel par le biais de l'échange et il est donc très dépendant de ses relations. Les extravertis entretiennent des dizaines de relations superficielles, la quantité l'emporte donc souvent sur la qualité, mais cela ne les gêne généralement pas.

 

Mieux comprendre votre différence

Vous ne vous reconnaissez pas du tout dans le profil extraverti ? Rassurez-vous, vous n'avez aucun problème. Vous fonctionnez tout simplement à l'opposé de ce type de personnes. En tant qu'introverti, votre énergie et votre attention est naturellement dirigée vers l'intérieur. Vous avez un accès facilité à vos émotions les plus profondes et il n'est pas rare que vous vous mettiez à contempler votre monde intérieur d'où vous tirez votre énergie. Les moments passés seul à lire, regarder une vidéo, réfléchir, courir ou marcher dans la nature, au contact des animaux ou simplement à contempler le moment présent vous sont essentiels, car ils vous ressourcent. Vous possédez une sensibilité particulière et c'est comme si vous étiez capable de voir le fond de chaque chose. Vous ne voyez pas seulement avec vos yeux, vous pouvez saisir d'infimes détails qui échappent aux autres, vous ressentez profondément ce que vous voyez.

 

Lorsque vous vivez quelque chose, vous vous en imprégnez et cela a pour effet d'affecter votre humeur et votre bien-être général. Voilà pourquoi le contact des autres personnes a tendance à vous épuiser, car avec votre niveau de sensibilité, vous vous retrouvez facilement submergés par les états d'âme de tout le monde. Bien-sûr, vous pouvez faire semblant de vous intégrer et de passer pour un extraverti en extériorisant vos émotions, mais cela vous demandera un effort énorme et finira par vous épuiser. Comme la plupart des métiers sont faits pour des extravertis, il y a des chances que vous soyez très fatigués le soir, lorsque vous détenez un tel poste. Sourire de façon forcée, exagérer les attitudes de politesse, enchaîner les contacts et les tâches à effectuer dans une atmosphère bouillonnante et remplie de monde sans pouvoir s'isoler est probablement le pire scénario que puisse vivre un introverti. Vous reconnaîtrez certainement aussi que, de façon générale, vous n'avez que peu de relations et que vous ne vous ouvrez totalement qu'à une seule personne à la fois. Pour vous la qualité des relations prime sur la quantité.

 

Si vos blessures émotionnelles s'activent, vous souffrez généralement plus que les autres, car cette souffrance vous pousse à fuir votre monde intérieur si ressourçant. Ne pouvant pas vous réfugier en vous-même et étant en décalage avec vos relations extraverties, vous pouvez vous sentir pris au piège. C'est pourquoi une hygiène émotionnelle régulière vous est indispensable.

 

Adaptez votre vie à vos besoins

Pour mieux vivre votre introversion, il est crucial d'adapter votre vie à vos besoins particuliers. Ressourcez-vous dès que possible en vous aménageant des moments de solitude réparatrice. Lorsque tous les collègues vont manger au self, osez vous isoler dans un parc. Il n'y a rien de mal à manger seuls surtout lorsque cela rime avec repos et bien-être. Prendre soin de vous devrait être votre priorité. Vous avez consacré toute une matinée aux autres, ils vous doivent bien ça !

 

Osez refuser les invitations aux événements auxquels vous n'avez aucune envie de participer. Vous n'avez pas à vous justifier ni à chercher des excuses. Un simple : « C'est vraiment gentil, mais je suis déjà pris(e) ce jour-là » suffira. Au fond, vous n'aurez pas menti : vous serez sans doute occupés à faire quelque chose qui vous plaît et vous fait du bien. Après tout, ce n'est qu'une question de priorités et, rappelez-vous que votre priorité numéro un est de vous aménager des moments rien que pour vous aussi souvent que vous en avez besoin.

 

Pour ceux qui sont prêts à sauter le pas, il sera peut-être question de trouver un métier qui respecte leur introversion. En effet, beaucoup d'introvertis rêvent de pouvoir travailler en paix ! Et cette paix n'est possible pour eux que lorsqu'il se blottissent dans leur cocon personnel de bien-être. La carrière idéale pour un introverti est celle qui lui permettrait de travailler depuis chez soi ou bien seul, au contact de la nature ou encore des animaux, avec des moments de pause choisies. C'est un profil très autonome qui sait généralement bien s'organiser. A ce titre les introvertis font aussi d'excellents auto-entrepreneurs !

 

Chérissez vos relations

En tant qu'introverti, vous n'avez probablement que peu de relations, mais le degré de complicité que vous partagez avec ces personnes compense largement ce fait. Sachez chérir ce petit cercle privé. Vous n'avez pas à complexer à ce sujet, car le nombre de vos relations ne dénote absolument pas votre degré de popularité. Il suffit de demander ce que vos plus chers amis pensent de vous, et vous serez probablement troublés par toutes les qualités qu'ils vous trouvent. A quoi bon avoir des dizaines de soit-disant amis à qui vous ne pourrez de toute façon pas confier vos joies et vos peines ? Parler de la pluie et du beau temps, c'est très peu pour vous, et cela ne vous ferait probablement ressentir que de la frustration au final. Alors savourez vos moments passés avec les quelques privilégiés qui ont la chance de vous connaître vraiment ! C'est un trésor auquel beaucoup d'extravertis n'ont pas accès. Du reste, vous formeriez un très beau couple avec un autre introverti qui saura si bien comprendre vos besoins et vos lubies !

 

Enfin, même si les autres vous prennent pour un(e) solitaire, rappelez-vous que la solitude n'en est pas une lorsqu'elle est choisie. Et une chose est certaine : en tant qu'introverti, vous en avez besoin comme d'une bouffée d'oxygène. Alors la prochaine fois qu'on vous lance avec provocation : « Ça va, tu ne t'ennuies pas trop chez toi ? », osez affirmer l'indéniable vérité : « Tu sais, je ne me suis jamais senti(e) aussi bien ! »

 

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