Comment mon corps est devenu mon coach minceur

Le corps humain est une merveille de la nature. D'une sophistication telle qu'aucune technologie n'est actuellement capable d'égaler, il gère en toute autonomie des millions de processus par seconde parmi lesquels les battements du cœur, la respiration, le maintien d'une température optimale... Malgré tout cela, beaucoup d'entre nous, hommes et femmes, n'avons pas confiance en notre corps aujourd'hui.

 

En surpoids depuis l'âge de 8 ans, j'ai grandi, comme beaucoup, avec l'idée que mon corps était mon ennemi. Que c'est lui qui était le responsable de mes kilos excédentaires et, par conséquent, de la stigmatisation que je subissais de la part de mon entourage. J'ai gardé cette vision jusqu'à mes 23 ans, suivant scrupuleusement régime après régime et m'épuisant sur mon vélo pour un résultat parfois impressionnant, mais toujours éphémère. Je me demandais toujours ce qui n'allait pas chez moi. Pourquoi j'accumulais des kilos tout en comptant la moindre calorie, alors que certaines de mes amies mangeaient de tout et ne semblaient jamais prendre un gramme ?

 

Un jour mon compagnon m'avait surprise dans la cuisine. C'était l'une de ces journées où, ayant perdu l'espoir et surtout tout contrôle sur mon alimentation, j'étais en proie à une compulsion alimentaire, un « craquage », comme on l'appelle pudiquement dans les communautés des régimeuses. Je mangeais sans pouvoir m'arrêter, passant du sucré au salé sans faire la différence. Mon estomac était si rempli qu'il me faisait presque mal, mais le vide que je ressentais au creux de mon ventre ne semblait jamais comblé. A cet instant j'étais remplie à la fois de culpabilité et de haine envers moi-même et envers mon manque de volonté pour garder un corps svelte. C'est dans ce piteux état que mon compagnon m'avait trouvée, et à son regard j'avais compris de suite que j'étais dans l'erreur. Cependant mon erreur n'avait rien à voir avec le fait de manquer de volonté. Mon erreur était celle d'avoir manqué de confiance en mon corps.

 

La peine que me causait mon surpoids ainsi que mon empressement de maigrir m'avaient fait me couper de mes sensations corporelles et plus le temps passait, plus je faisais confiance aux régimes au détriment de la seule autorité en matière de minceur – mon propre corps. Dans les semaines et les mois qui ont suivi, j'ai cherché à restaurer cette relation de confiance que j'avais jadis entretenue avec lui. Je me suis rappelée que lorsque j'étais petite, je n'avais pas besoin de suivre un régime. Je savais quand je devais manger et quand je devais cesser de manger. C'était instinctif, nul besoin de compter les calories. J'ai découvert que mon corps était une merveille, que c'était mon ami et mon allié, et qu'il me parlait constamment de ses besoins par le biais de son langage – les sensations.

 

Chaque corps est unique. Votre corps a des besoins qui ne ressemblent pas à ceux de vos amis, de vos voisins, des « adultes types » (vous savez que sur les emballages alimentaires on calcule toujours les pourcentages nutritionnels pour un adulte type). Par conséquent, votre corps, et lui seul, est capable de vous dire quand, comment et en quelle quantité il a besoin d'être nourri, de quels soins, de quelle activité physique il a besoin pour s'épanouir et se sentir en forme. Et - ce qui est d'une importance capitale - votre corps n'a aucune intention de ressembler à celui d'un top-modèle, il souhaite simplement être en équilibre et en bonne santé.

 

Lorsque j'étais parvenue à cette réalisation, chaque fois que je me regardais dans la glace je ne voyais plus mes ennemis jurés, les kilos. Je voyais seulement mon ami, le corps, qui portait les kilos excédentaires comme conséquence de mon manque d'écoute et de considération à son égard.

 

Je m'étais promis que j'allais prendre soin de mon corps par tous les moyens, que j'allais apprendre à l'écouter et à respecter ses besoins. J'ai découvert que je pouvais manger de tout pourvu que je respectais ce que mon corps me demandait. Je n'avais plus besoin de me punir avec le sport, mais en faire uniquement lorsque j'en avais envie, pour le plaisir.

 

Alors que j'étais dans cette nouvelle dynamique, un jour j'ai réalisé que mes kilos n'étaient pas uniquement la conséquence d'un comportement alimentaire perturbé, mais qu'ils avaient une fonction déterminée (dans mon cas, c'était une protection destinée à encaisser la violence physique et verbale que j'avais subi dans l'enfance). Ce jour-là j'ai parlé à mon enfant intérieur pour la première fois, poussée par une intuition, et je lui ai assuré que plus jamais personne ne lèvera la main sur lui, car j'y veillerai de près.

 

C'est comme si quelque chose s'était déverrouillé dans mon corps après ce dialogue à cœur ouvert couplé à une écoute de mes sensations alimentaires, et au terme de huit mois de notre amitié et d'étroite collaboration, j'étais parvenue à perdre dix kilos, un résultat que je n'avais jamais atteint jusqu'à présent même avec le plus drastique des régimes.

 

Cela fait maintenant sept ans que la guerre dans mon assiette est terminée et que j'ai dit adieu au surpoids. Et voilà une surprise : c'est en écoutant mon corps que j'ai très rapidement appris qu'il était en fait... végétarien ! :)

 

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