Le courage de se faire aider

 

Bonjour à vous les sophronautes ! Combien d'entre-nous sommes pris dans des situations sources de souffrance, parfois pendant de longs mois, tout en affichant un sourire de convenance en société ? « Ça va », répondons-nous par politesse, « je m'en sors », quand bien même en privé nous avons parfois du mal à garder la tête hors de l'eau. Pour certains d'entre-nous il est difficile de reconnaître nos difficultés et demander de l'aide. Nous n'aimons pas paraître faibles, nous sommes habitués à assurer et nous nous disons que s'il y a bien une personne au monde qui pourra triompher de ces difficultés, c'est nous. Et nous avons raison : nous sommes les seuls à pouvoir changer ce qui doit l'être, mais cela ne signifie en aucun cas que nous sommes obligés de le faire seuls ! Et dans ce cas précis, demander de l'aide ne serait en rien un aveu de faiblesse ; au contraire, cela nous demanderait beaucoup de courage !

 

Le syndrome d'Atlas

Si vous résonnez avec cet article, alors bienvenue au club de personnes atteintes du syndrome d'Atlas. Tout comme ce titan légendaire, vous avez sans doute l'impression de devoir porter le monde sur vos épaules : super-papa ou super-maman, employé ou patron modèle, épouse ou époux modèle, membre clé d'un certain nombre d'associations... Bref, s'il y a bien une personne au monde qui ne peut pas se permettre de flancher, c'est vous ! Ceci n'est pas la réalité, c'est seulement ce que vous vous dites jusqu'à ce qu'une crise majeure vous oblige à flancher et vous montre que le poids de ces responsabilités n'est pas sain pour vous, ni pour votre entourage, et qu'en tant qu'être humain, vous avez le droit et même le devoir de flancher de temps à autre, ne serait-ce que pour stimuler tout ce petit monde qui commençait un peu trop à se reposer sur vous.

 

Accepter d'être vulnérable

Il est difficile de s'avouer qu'on ne peut plus « continuer comme ça ». C'est douloureux et ça sent la défaite. Pire que tout, ça nous rend vulnérable et nous n'aimons pas ça ! Pourtant, au point où nous en sommes, ça devient nécessaire, alors pourquoi ne pas jouer notre nouveau rôle à fond ? Pourquoi ne pas accepter de nous faire aider pour une fois ? C'est vrai : tout le monde autour de nous compte sur notre soutien, notre amour, notre bienveillance, sur le sentiment de sécurité que nous procurons. Mais nous ne sommes pas un gadget en libre service, nous avons, nous aussi, ces mêmes besoins ! Et même si nous ne nous l'avouons que rarement, ça nous fait du bien aussi d'avoir une main bienveillante à serrer, une épaule sur laquelle pleurer, de croiser un regard plein d'amour et de compréhension et d'être simplement humains pour une fois.

 

Quand nous acceptons de nous montrer vulnérables, vient enfin la réalisation salutaire : le monde autour de nous ne s'est finalement pas écroulé. Il s'est seulement réorganisé d'une façon qui permette à chacun de mieux s'épanouir et de respirer.

 

La guérison implique l'Autre

Parfois, l'aide d'une tierce personne n'est pas seulement souhaitable à notre guérison, mais nécessaire. Pour certains, ce sera une aide thérapeutique, pour d'autres un(e) ami(e), un membre de la famille ou toute autre personne de confiance qui fasse preuve de bienveillance, d'écoute et qui nous accepte inconditionnellement dans toute notre vulnérabilité. La relation à l'autre qui combine ces caractéristiques nous nourrit et nous guérit, car elle nous inclut dans un réseau plus vaste de l'Humanité. Tout à coup il n'y a plus de « nous » d'un côté et de « monde que nous devons porter sur nos épaules » de l'autre. Nous réalisons que nous ne sommes pas seuls face à nos souffrances et que dans ce vaste réseau dont nous faisons partie chacun peut tour à tour soutenir ses pairs puis se faire épauler quand nécessaire, et c'est parfait ainsi.

 

 

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