Comment j'ai rencontré mon enfant intérieur

 

Bonjour à vous, les sophronautes ! Je reçois beaucoup de retours positifs de votre part sur mes articles et vidéos et notamment sur l'authenticité qui s'en dégage. C'est parce que je parle du vécu. Je ne me considère pas comme une « autorité » qui dicte ce qui serait bon à faire en théorie, bien au contraire ! Je suis une personne qui, tout comme vous, a un chemin personnel parsemé de défis, et triompher de ces défis et partager mes découvertes avec vous tous est ce qui me passionne le plus dans la vie. Jusqu'à présent, je n'ai évoqué que très brièvement quelques détails de mon parcours personnel, et puisqu'un certain nombre d'entre-vous avez exprimé votre intérêt pour ce sujet, dans cet article plus personnel, j'ai décidé de vous raconter comment je suis entrée en contact avec mon enfant intérieur et comment cela a changé ma vie.

 

Une enfance dysfonctionnelle

Bien que je n'en avais pas conscience à l'époque, la voix de l'enfant intérieur a toujours résonné en moi. Elle s'exprimait avant tout par des émotions impulsives et incontrôlables. Dans l'enfance et l'adolescence, mon enfant intérieur était à la fois terrifié et rempli de colère face aux violences physiques et morales que je subissais. J'avais une éducation que l'on pourrait qualifier de tyrannique, avec une obligation absolue de me conformer aux règles, normes et attentes de mes parents. Tout écart, toute tentative poussée de défier l'autorité parentale pouvait se solder par des coups de ceinture. J'étais donc devenue un objet pour mes parents. Mon enfant intérieur était refoulé aux fins fonds de mon être la majorité du temps et ne pouvait se manifester que lorsque j'étais en week-end ou en vacances chez ma grand-mère. C'est là que je pouvais enfin redevenir libre, pleinement moi-même, et c'est aussi là que toute la colère accumulée s'exprimait souvent. J'avais le sentiment d'être deux personnes différentes : la semaine j'étais une fille-modèle, première de la classe, et le week-end je redevenais qui j'étais vraiment, une enfant impulsive et légèrement garçon manqué.

 

Malgré ce climat familial manifestement dysfonctionnel, je ne me suis jamais considérée comme victime, et c'est sans doute ce qui m'a sauvée. J'ai toujours pensé que, peu importe mon passé, il était de ma responsabilité de me libérer du carcan familial qui m'emprisonnait et de m'offrir moi-même une éducation nouvelle, celle que j'aurais aimé idéalement recevoir. Une éducation qui m'aiderait à développer mes talents et à libérer mon potentiel. Pour cela, je devais commencer à me faire confiance et à écouter un peu plus cette voix discrète qui résonnait de temps en temps en moi – la voix de mon enfant intérieur.

 

La période initiatique

C'est à l'adolescence que j'ai été attirée par le développement personnel. A l'époque, le stress des études provoquait chez moi de nombreux symptômes psychosomatiques : crampes douloureuses, insomnies, cauchemars, crises d'angoisse. Je me suis alors tournée d'abord vers la relaxation et la visualisation créatrice, puis vers la méditation avec des bons résultats. Mon bien-être était devenu ma priorité numéro un. Jusqu'à l'âge de 23 ans, je me suis ainsi intéressée à divers disciplines : Tai'Chi, Qi Gong, diverses techniques de méditation, le mandala, la psychologie, la rééducation alimentaire et la sophrologie. Puis j'ai décidé de sauter le pas et de me former en sophrologie pour en faire mon métier.

 

C'est lors de l'examen final de ma formation de sophrologue que j'ai rencontré mon enfant intérieur de façon plus formelle grâce à une étudiante. Lors d'une épreuve en particulier, nous devions tour à tour animer une séance pour le reste du groupe en fonction de la thématique que nous avons défini. Cette femme avait choisi l'enfant intérieur. J'ai été profondément touchée par cette séance, autant dire jusqu'aux larmes, des larmes de joie. Avec du recul, je sais que c'est à ce moment-là que mon lien conscient avec mon enfant intérieur a été créé, car lors de cette séance j'avais reçu le plus précieux des cadeaux - la confiance absolue de mon enfant intérieur. D'une façon ou d'une autre, il avait perçu en moi la volonté et la capacité de prendre soin de le lui, de le protéger et, à terme, de le guérir. Au fil de ma pratique, j'ai été amenée à créer une approche axée sur l'enfant intérieur afin de guérir les dynamiques inconscientes que la sophrologie classique ne pouvait traiter, et j'étais la première à en tirer les bénéfices.

 

Mon enfant intérieur et moi

Aujourd’hui, mon enfant intérieur fait partie de ma vie, au même titre que n'importe quelle autre relation sociale. Je lui parle régulièrement en état de veille ou en méditation. Dès que je ressens un inconfort émotionnel, je prends du temps pour moi et pour lui, car je sais que cette émotion qui me perturbe est son appel à l'aide. Quoi qu'il se passe dans ma vie, mon enfant intérieur a toujours la priorité, et lorsque je dois faire un choix, je considère notre intérêt avant celui des autres personnes. Je suis devenue pour mon enfant intérieur le parent idéal qu'il n'avait jamais eu, et c'est ainsi qu'ensemble nous parvenons à trouver notre équilibre, notre sécurité intérieure, et à avancer.

 

Ensemble, nous avons triomphé des compulsions alimentaires et du surpoids qui en résultait. Puisque mon enfant intérieur a la possibilité d'exprimer et de vivre ses émotions (car je suis à son écoute inconditionnelle), il n'a plus besoin de nourriture pour les « tasser ». Il a même accepté de laisser aller les kilos excédentaires, lorsqu'il a compris qu'il n'avait plus besoin de cette « armure » pour se protéger des coups, car désormais j'étais là pour le défendre.

 

Nous avons également assaini nos relations, parfois rompu des liens toxiques, parfois trouvé la bonne distance et invité dans notre cercle proche les personnes qui nous reconnaissent pour ce que nous sommes.

 

Nous avons, enfin, pris le risque de nous dissocier de l'éducation parentale pour être qui nous sommes vraiment dans tous les domaines de notre vie : amoureux, social, professionnel, financier, créatif...

 

Aujourd'hui je considère mon enfance difficile comme ma force. Sans ces épreuves, je n'aurais pas été poussée à retrouver le bien-être et la connexion à qui je suis vraiment. Toutes ces difficultés ont au final contribué à faire éclore mon potentiel. Je suis convaincue que c'est cela, l'intérêt de la vie : transcender nos ombres et nous en servir comme tremplin vers la lumière.

 

La vie est pleine de défis, et pour cette raison, je sais que je ne suis pas au bout de mon chemin. Mais quoi qu'il se passe, je sais que je possède en moi les ressources pour guérir mes blessures émotionnelles à mesure qu'elles remontent à la surface. Et puisque je perçois ma vie comme un parcours de guérison, il est devenu tout naturel pour moi d'accompagner également les autres vers la guérison de leur propre enfant intérieur.

 

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