Devenez artisan de votre réussite

 

Depuis la plus tendre enfance, la plupart d'entre-nous avons appris que pour être populaire, bien vu ou ne serait-ce qu'accepté parmi nos relations, nous devions réussir. Avoir des bonnes notes à l'école, décrocher notre diplôme à l'université, et plus tard, avoir un travail prestigieux, bien payé, et si possible à plein temps. Là nous n'aurions pas honte de nous afficher devant les autres ! Là nous serions des membres à part entière de la société ! Nous n'avons pas consciemment choisi d'adhérer à ces règles. Nous le faisons surtout parce que tout le monde autour de nous y accorde de l'importance, et tant que nous parvenons à nos fins, nous ne remettons pas en question ces standards de réussite. Mais lorsque notre soif de réussite se heurte à des échecs répétés, nous perdons en estime de soi et en confiance en nos capacités, ce qui est destructeur à long terme. Nous devenons alors esclaves de la réussite. Et si cette crise intérieure était là pour nous aider à mettre à jour nos valeurs profondes et nos désirs véritables ? Et si notre voie de libération consistait à nous détacher des clichés et à redéfinir ce qui constitue une réussite pour nous personnellement ?

 

Le syndrome du bon élève

L'éducation que la très grande majorité d'entre-nous avait reçue, nous a conditionnés à faire ce qui est prisé plutôt que ce que l'on aime. A la maison, les heures passées à étudier et à faire les corvées ménagères nous valaient plus de reconnaissance que les temps de jeu et d'insouciance. A l'école, les matières « sérieuses » comptaient plus que les activités créatives. Nous nous sentions surtout aimés et appréciés lorsque nous avions de bons résultats scolaires, et nous monnayions nos bonnes notes contre diverses faveurs de la part de nos parents. « Si tu as au moins 15 de moyenne, alors nous partirons en vacances dans cette station de ski que tu adores ». Les parents ont cru bien faire de nous « motiver » ainsi, mais ce qu'il nous ont appris avant tout est que l'amour devait se mériter, que nous ne valions pas grand-chose à nous tous seuls, que nous ne méritions pas les bonnes choses de la vie à moins que nous ne fassions ce qu'on attend de nous.

 

J'ai rencontré de nombreux adultes qui présentaient aujourd'hui encore ce syndrome du bon élève. La plupart avaient vécu ou frôlé un burn out, car pour gagner et surtout garder la reconnaissance des supérieurs hiérarchiques dans les entreprises modernes, il faut placer la barre toujours plus haut, au risque de se vider de sa force vitale sans jamais avoir atteint ses objectifs. Qu'est-ce que donc la réussite dans la société d'aujourd'hui ? Cela en vaut-il vraiment la peine qu'on se damne pour elle ?

 

Le jeu de la réussite sociale

La réussite sociale est comme un jeu dont nous n'avons pas fixé les règles, mais auquel pourtant nous choisissons de participer. Ce jeu a été créé par les élites pour mieux contrôler la société, et il décrète que celui qui assemble le plus de prestige et de pouvoir sera le mieux reconnu par ses pairs. Au fond, même s'il existe des individus réellement avides et ambitieux, en ce qui concerne la majorité d'entre nous, ce n'est pas tant la réussite en elle-même que nous recherchons que la reconnaissance que nous pourrions obtenir en échange, tout comme, étant enfants, nous visions les bonnes notes pour avoir l'amour de nos parents !

 

A ce jeu, il y a toujours des gagnants et des perdants, et si jamais nous y jouons, nous tiendrons la place des uns comme des autres. Pour resserrer le contrôle un peu plus, il faut déposséder les individus de leur autorité personnelle, c'est pourquoi les règles veulent que ce soit à l'entourage de nous juger à nos mérites. La conséquence en est que nous craignons d'avance l'humiliation que nous pourrions subir si jamais nous n'étions pas à la hauteur.

 

Ainsi, dans le système actuel, la réussite est un concept artificiel et uniforme, fait pour diviser, qui évalue notre degré d'obéissance et de performance et qui nie totalement notre autorité personnelle, notre individualité et nos talents créatifs. Il n'y a qu'une seule façon de mettre fin à la pression et à la souffrance que nous subissons : il nous faut tout simplement cesser de jouer !

 

De la réussite sociale à la réussite personnelle

Que serait votre vie si vous n'aviez jamais appris à faire ce qu'il faut et que vous étiez libre de faire ce qui vous plaît ? Qui seriez-vous aujourd'hui si personne ne vous avait influencé pour faire des études-types d'ingénieur, de commercial, d'agriculteur, et que vous étiez totalement libres de choisir ce que vous faites de votre vie et de votre temps sur terre ? En quoi votre quotidien serait différent si vous n'aviez pas intégré la notion de devoir « gagner votre vie » ? De quoi, enfin, rêvait l'enfant que vous étiez jadis ? Oui, pour certains la réussite peut se résumer au prestige, à l'argent et à la reconnaissance. Mais, vous, en particulier, est-ce réellement votre cas ? Et si non, qu'avez-vous envie d'accomplir à la place et qui vous comblerait? C'est en apportant des réponses à toutes ces questions que vous commencerez à vous rappeler les passions véritables de votre enfant intérieur et à définir vos critères personnels de réussite. Alors vous n'en serez plus l'esclave, vous en serez l'artisan !

 

Dépasser l'obligation de performance

Je serai la première à reconnaître que faire ce qu'on aime ne fait pas tout. En tant que thérapeute, j'ai conscience que, dans les métiers d'accompagnement, la recherche de la réussite existe toujours et prend une forme plus insidieuse de l'obligation de performance, et on peut être tenté de mesurer sa valeur personnelle en fonction des résultats obtenus et à courir après la reconnaissance des clients. Ce serait oublier qu'en tant que thérapeutes, nous sommes des catalyseurs d'évolution et non des magiciens aux solutions miracle. Nous sommes là avant tout pour participer à l'évolution de notre prochain, une évolution qui se compose de nombreuses étapes. Nos clients reconstituent chacun leur puzzle personnel, et il se peut qu'avec nous il puissent trouver une pièce du puzzle supplémentaire. Que ce soit la première pièce ou la dernière, qu'importe ! Que le résultat final soit obtenu ou non par nous n'y change rien. Nous aurons de toute manière contribué au succès de l'entreprise, car l'évolution est toujours une œuvre collective. Alors cessons de nous voir en sauveurs et ayons l'humilité de reconnaître que notre rôle est avant tout celui de guides.

 

En général, quel que soit le métier, la performance étouffe l'élan créatif. Lorsque nous sommes enfants, nous jouons parce que nous aimons ça. Nous nous moquons de savoir si nous jouons parfaitement, si ce jeu va nous apporter des gains plus tard ou si le fait de jouer à ce jeu nous vaudra de la reconnaissance. Nous jouons, parce que ce faisant notre cœur chante et nous pouvons être nous-mêmes dans la joie et en toute liberté. Inspirez-vous de votre enfant intérieur pour vos nouveaux critères de réussite : qu'elle soit liée avant tout au fait d'être authentique, libre et heureux de partager vos talents avec les autres. Faites de votre aventure professionnelle un jeu d'enfant !

 


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