La peur : comment y faire face sainement

 

Être humain c'est profiter des joies de la vie, mais aussi quelquefois être confronté à la peur. Notre peur peut prendre les formes et les degrés les plus divers allant d'un léger inconfort intérieur à la plus grande des angoisses. Si les enfants expriment plus facilement leurs peurs, pour nous, les adultes, cela prend une dimension presque taboue. Ne sommes-nous pas censés avoir dépassé nos craintes irraisonnées ? N'avons-nous pas suffisamment grandi et assez vécu pour en être immunisé depuis le temps ? Enfin, n'avons-nous pas la logique pour nous guider face à nos difficultés ? Il est si tentant de fuir sa peur plutôt que de s'y confronter, et son déni est une forme de fuite comme une autre. Quoi que nous disions pour sauver les apparences, la peur reste une émotion tenace, tapie dans l'ombre de notre conscience, et en tant qu'émotion, elle n'a rien de logique. La peur n'est pas faite pour être pesée et analysée, mais pour être ressentie et ainsi libérée. Dans cet article, nous allons passer en revue différentes types de peur et les façons de les juguler sainement.

 

1. La peur existentielle

La peur existentielle est l'une des formes les plus puissantes de cette émotion. Elle nous prend face à l'inconnu, face au vide laissé par la disparition d'un proche ou la perte d'un emploi et de ressources pour subsister. Dans tous les cas de figure, il nous semble que nous sommes dans un cul-de-sac, écrasés par le poids des difficultés qui semblent insurmontables. Nous avons peur de ne jamais nous en sortir, nous avons peur de l'avenir si incertain. Nous avons peur de l'existence-même qui semble tout à coup devenue si hostile envers nous. La peur existentielle est caractérisée à la fois par les sentiments d'angoisse et de désespoir.

 

Solutions : Soyons honnêtes envers nous-mêmes : il n'y a aucune façon d'échapper à ce que nous ressentons au fond de nous. Aucune distraction au monde, aucun échappatoire ne le fera disparaître. Alors, accueillons notre peur, laissons-lui de la place dans notre conscience et la liberté pour s'exprimer comme elle le souhaite, que ce soit par des sensations ou par des pleurs. Laissons-la nous dire tout ce qu'elle a sur le cœur, comme on offrirait une épaule pour pleurer à une amie chère, tout en sachant qu'ainsi c'est envers une partie de nous-mêmes que nous nous montrons ouverts et bienveillants. Bien-sûr, cela ne changera pas directement notre situation et il se peut que nous ayons encore à faire face aux difficultés, mais au moins, pendant ce temps, nous serons à notre écoute, nous prendrons soin de nous et honorerons notre être profond.

 

Bien que nous ne puissions pas fuir notre peur, il nous est possible, après l'avoir accueilli, de la sublimer en la canalisant dans une activité créative ou artistique telle que la musique, la danse, le dessin, la peinture, la poterie etc. Toutes ces activités ouvrent notre cœur et nous permettent de canaliser nos états d'âme de façon libre et fluide tout en lâchant prise sur les éléments incontrôlables de notre vie. Et si nous n'offrons plus de résistance à notre peur, il n'y aura plus de matière à amplifier la souffrance.

 

2. Les crises d'angoisse et les phobies

Les crises d'angoisse sont une forme de peur inconsciente. Elles sont fréquemment liées à un événement traumatique du passé et se déclenchent lorsque des conditions semblables à l'événement sont réunies. Notre corps réagit par un état de tension extrême, comme si nous étions en danger de mort. Parmi les symptômes on peut citer l'accélération du rythme cardiaque et palpitations, respiration étouffée, sueurs, troubles de vision et vertiges. L'angoisse éprouvée est extrême et peut aller jusqu'à la panique la plus totale. La pensée logique se désorganise, tout se bouscule dans notre tête.

 

Solutions : Il existe nombre d'exercices respiratoires pour calmer une crise d'angoisse en temps réel. Ces exercices font appel au système parasympathique qui régule différentes fonctions du corps telles que le rythme cardiaque, la tension musculaire et la sécrétion des hormones de bien-être. En agissant sur le système parasympathique grâce à la respiration, on parvient ainsi à harmoniser tous les systèmes du corps et à faire passer les symptômes en quelques minutes. Voici un exemple d'exercice respiratoire très utile en cas d'urgence : inspirez lentement et profondément par le nez en comptant jusqu'à 4. Les poumons ainsi gonflés à bloc, retenez l'air et comptez jusqu'à 3. Expirez lentement par la bouche en comptant jusqu'à 6. Pratiquez 10 à 15 minutes ou jusqu'à disparition des symptômes. Cet exercice agit à plusieurs niveaux : le fait de compter occupe votre mental et aide à le stabiliser, la respiration lente et profonde active le système parasympathique et ralentit le rythme cardiaque indiquant au corps qu'il est temps de se détendre, tandis que la pause respiratoire en apnée permet de débloquer le diaphragme pour mieux faciliter la respiration.

 

En cas de crises fréquentes et handicapantes ou encore de phobies, il se peut que la solution d'urgence n'offre qu'un répit très limité. La solution à long terme consiste alors à investiguer et guérir le traumatisme qui cause les angoisses au niveau inconscient. Le travail de guérison de l'enfant intérieur est parfaitement indiqué dans ce cas (plus d'infos sur cette méthode ici).

 

3. L'anxiété

L'anxiété est une forme mineure de peur devenue, hélas, presque banale dans nos sociétés consumées par le stress. Elle nous vient du désir de prévoir et de contrôler les personnes et les situations, dans une tentative de nous rassurer dans un monde qui s'emballe. Bien que nous n'ayons pas de réelles difficultés dans notre vie, nous pouvons constamment nous inquiéter de l'issue de telle ou telle situation. La réunion du lendemain se passera-t-elle bien ? Mon chef me trouvera-t-il à la hauteur ? Ma promotion me sera-t-elle accordée ? Mon enfant passera-t-il en terminale ? Mon compagnon/ma compagne m'aiment-ils encore ? L'anxiété résulte donc d'une habitude mentale de s'accabler de questions sans réponse au sujet des circonstances échappant totalement à notre contrôle.

 

Solutions : l'une des solutions les plus efficaces consiste à instaurer une nouvelle habitude mentale – celle du lâcher-prise, et quoi de mieux qu'une méditation pour cela ! Préférez les méditations neutres, sans visualisation, sans objectif précis et sans enjeu. Votre but est de vous détacher complètement de vos soucis quotidiens et donc de la personne dont vous tenez le rôle, pour simplement être dans l'instant en tant que conscience. Les séances de sophrologie qui visent la détente physique et mentale conviennent également très bien à cette fin. La régularité est la clé : en temps normal vous ne passeriez pas un jour sans ruminer, il est donc normal que votre pratique de méditation soit elle aussi quotidienne si vous souhaitez renverser la vapeur de façon durable. Plus vous pratiquez, et plus vous stabilisez votre état émotionnel. Personnellement, je vous recommande entre 45min et 1h de méditation quotidienne.

 

Quelques suggestions de séances de sophrologie et de méditations :

Séance de sophrologie anti-stress et sommeil  (15min49)

Séance de sophrologie se recentrer et s'apaiser (8min24)

Méditation guidée de pleine conscience (21min29)

 

Pour les méditants avancés :

Méditation Espace-temps Temps-espace du Dr Joe Dispenza (recommandée uniquement aux personnes qui ont lu son livre « Devenir super-conscient ») (69min35)

 

Vous avez aimé cet article ? Me soutenir :