L'ultime leçon de nos blessures

 

Dans ma pratique de la guérison de l'enfant intérieur, il m'arrive de rencontrer essentiellement deux types de personnes : celles qui embrassent le chemin de la guérison et y vont franchement sans se retourner, et celles qui s'accrochent encore inconsciemment à leur souffrance. Cet article, bien qu'il s'adresse à tous, sera sans aucun doute utile à ces dernières. Changeons un peu de perspective et considérons notre existence dans sa globalité. Serait-il possible que toutes nos blessures soient là pour nous enseigner une ultime leçon ? Laquelle ? Et comment trouver les ressources pour surmonter la souffrance ?

 

1. « Ai-je assez souffert ? »

Lorsque nous mettons la main dans le feu, nous nous brûlons et la douleur paraît si insoutenable, que nous la retirons aussitôt. Ce faisant nous apprenons une leçon : l'action de mettre la main dans le feu fait souffrir, et puisque nous ne souhaitons pas souffrir, nous n'allons pas reproduire cette action délibérément. La souffrance est donc utile en ce sens qu'elle nous aiguille sur le chemin du bien-être. Nous pourrions penser qu'avec nos blessures il en serait de même : pourquoi reproduire le même schéma de souffrance encore et encore ? Pourtant c'est ce que nous faisons tous inconsciemment. Et le fait que cela arrive signifie que certaines leçons n'ont pas encore été apprises.

 

 

Toutes nos blessures émotionnelles, qu'il s'agisse de l'abandon, du rejet, de l'humiliation, de l'injustice ou encore de la trahison, cherchent à trouver réparation dans le monde extérieur. L'inconscient raisonne ainsi : cette blessure a été créée par une personne, elle sera donc guérie par une autre personne qui y ressemble et qui m'apportera ce que la première n'a pu me donner. L'inconscient essaie alors de rejouer des scènes du passé pour tenter de le changer. Par exemple, une femme ayant été abandonnée par son père à l'âge de 4 ans pourrait projeter cette situation dans son couple, en attirant un partenaire qui lui fait ressentir l'abandon, tout en s'attendant inconsciemment à ce qu'il change et lui apporte soudain l'affection dont elle a tant besoin. Et bien entendu, cette stratégie ne fonctionne jamais. Elle ne fait que renforcer la blessure de l'abandon et générer plus de souffrance.

 

Les personnes qui connaissent une guérison rapide ont tous une chose en commun : elles estiment qu'elles ont assez souffert. Elles comprennent que reproduire les mêmes schémas conduit toujours au même résultat. Elles réalisent que chercher réparation à l'extérieur n'apportera que souffrance, de même que mettre la main dans le feu causera toujours de la douleur. Elles ont intégré la première partie de la leçon que nous enseigne la souffrance, et qui est : « Personne d'autre au monde ne nous apportera jamais ce que nous cherchons ». Ainsi elles cessent d'attendre des autres l'affection, la reconnaissance et l'amour et se mettent à envisager une autre voie.

 

2. « La solution est en moi »

« Voilà qui est bien fataliste », me direz-vous. Si personne d'autre au monde ne peut nous apporter la guérison, cela ressemble à une impasse. Que reste-t-il à faire ? Il est vrai que personne à l'extérieur ne peut faire les choses à votre place, mais cela laisse tout de même une personne qui a le plein pouvoir en la matière : vous ! Certaines personnes m'écrivent et me demandent si je peux guérir leurs blessures, et je réponds en toute franchise : « Non, je ne le peux pas. Mais je peux vous aider à les guérir vous-même ». Car si vous n'avez pas la maîtrise des circonstances extérieures, vous avez la maîtrise totale de vous-même, que vous en ayez conscience ou non.

 

Nous venons de voir que l'inconscient tente toujours de trouver réparation en essayant de changer le passé à l'aide de situations de notre vie présente. Le passé est passé, et il ne pourra jamais être changé. La guérison de vos blessures n'exige pas que vous changiez votre passé, elle demande seulement à ce que vous l'acceptiez.

 

Lorsque nous entrons en contact avec notre enfant intérieur de manière appropriée, nous apportons, par notre attitude, toute réparation nécessaire à la libération de la souffrance :

 

-Tout d'abord, nous reconnaissons les faits tels qu'ils sont : oui, nous avons été abandonnés, rejetés, trahis, humiliés et traités injustement. Cela na changera jamais. Ce qui a été vécu par nous fera toujours partie de notre histoire. Et en même temps, toutes ces situations douloureuses ne signifient en rien que nous ayons été de mauvais enfants ou que nous ayons mérité cette souffrance. Accepter les faits signifie avant tout d'accepter que les personnes aient agi de la façon dont elles l'ont fait pour tout un tas de raisons, nous-mêmes en étant la moindre.

 

-En acceptant les faits, la souffrance remonte à la surface telle une déferlante, et nous l'accueillons. Nous reconnaissons notre souffrance et notre plein droit de l'éprouver, ainsi nous ne rejetons plus notre enfant intérieur.

 

-Nous restons ensuite pleinement présents et à l'écoute de notre souffrance, même s'il est difficile de l'éprouver et que nous avons envie de fuir. En cessant de fuir la souffrance, nous n'abandonnons plus notre enfant intérieur.

 

-Nous sommes bienveillants avec notre souffrance, nous l'écoutons avec ouverture, sans jugement ni objection. Nous reconnaissons sa réalité et son bien-fondé. Ce faisant, nous n'humilions plus notre enfant intérieur.

 

-Nous reconnaissons ensuite notre droit au bonheur et notre capacité à défendre ce droit peu importe ce qui nous a été dit ou fait par le passé. En prenant notre propre défense, en étant là pour nous-mêmes face aux difficultés, nous ne trahissons plus notre enfant intérieur.

 

-En paix avec notre passé, nous nous engageons enfin à agir dans le présent pour notre propre bien-être. En changeant notre vie par l'action concrète, nous réparons l'injustice subie par l'enfant intérieur.

 

Ainsi nous apprenons la deuxième partie de la leçon que nous enseignent nos blessures : nous n'avons pas besoin des autres (parents, figures d'autorité, ceux qui nous ont blessé) ni de leur approbation pour être heureux et satisfaits de qui nous sommes, car tout ce que nous attendions des autres, nous venons justement de nous l'offrir à nous-mêmes.

 

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