Excuses ou l'art de se voiler la face

 

Bonjour à vous, mes chers sophronautes ! Cela vous est certainement déjà arrivé de vouloir aider ou conseiller un ami qui semblait avoir besoin d'un coup de main ou d'inspiration, et tout ce que vous obteniez en réponse, c'était des excuses. Bien qu'il soit frustrant de faire face aux excuses, qu'elles viennent des autres ou de nous-même, ce comportement n'est pas forcément une preuve de mauvaise volonté, mais davantage un subterfuge inconscient pour s'extraire d'une situation indésirable ou oppressante, une marque de politesse et même parfois une façon inconsciente... de se mentir à soi-même lorsque la vérité est difficile à affronter. Décodage !

 

1.  Je me plains et je me cherche des excuses pour ne pas changer

 

 

Il y a une vérité très simple dont j'ai pris conscience il y a quelque temps et que je me remémore souvent depuis : celui qui veut avancer trouve un moyen, celui qui veut renoncer trouve une excuse. En clair, une excuse est souvent une façon d'échapper au changement et au renouveau qui vont immanquablement impacter notre quotidien et le chambouler. C'est une stratégie pour renoncer à toute remise en question et garder ainsi intacts certains comportements, certains objets, relations et situations dans notre vie, quand bien même ils ne nous satisfassent pas toujours. Il existe même des personnes qui ne visent pas du tout le changement !

 

 

Nous avons tous au moins une connaissance qui passe le plus grand de son temps à se plaindre à qui veut l'entendre de la montagne des problèmes qui l'entourent au quotidien. « Je ne m'en sors pas au travail, mon conjoint est ignoble avec moi et ne changera jamais, mes enfants font tout pour me mettre les nerfs en pelote » etc. En bon samaritain, vous essayez de la soutenir en tentant d'ouvrir sa conscience aux diverses solutions et au champ des possibles pour transformer sa situation : « Pourquoi ne pas postuler ailleurs ? As-tu essayé d'ouvrir un dialogue avec ton mari ? Peut-être peux-tu te faire épauler pour garder tes enfants ? » Et tout ce que vous avez en réponse, c'est : « Oui, mais... J'aurais bien aimé, mais... C'est trop dur... Je n'y arriverai pas... Je ne sais pas comment faire »... En langage français courant, cette personne vous dit clairement : « J'aime simplement me plaindre pour attirer l'attention. Mon objectif n'est pas de changer, mais de me socialiser et d'attirer la sympathie des autres en assumant le rôle de victime ». Ne vous épuisez donc pas à la « sauver » ! Tout ce qu'elle cherche, c'est une oreille attentionnée. Il reste juste à savoir si vous souhaitez lui prêter la vôtre.

 

 

2.  Je souhaite transformer ma vie, mais je ne peux m'empêcher de me trouver des excuses

 

 

Certaines personnes affirment vouloir transformer leur vie, mais lorsqu'il s'agit de passer aux choses concrètes, trouvent mille et une excuse pour ne pas se lancer dans l'action. L'excuse traduit ainsi la peur de l'inconnu, alors que le connu a toujours son côté rassurant, même s'il est synonyme d'inconfort ou de souffrance. Au moins, on ne risque rien de plus que notre mal-être habituel ! Si vous remarquez que vous ou votre entourage avez tendance à vous chercher des excuses pour ne pas changer, cela veut dire qu'au fond vous trouvez votre situation supportable. Souvent ce n'est qu'une fois dos au mur, lorsque la douleur est insoutenable, que la plupart des personnes acceptent volontiers le changement.

 

 

Parmi cette catégorie, il existe des personnes qui souhaitent véritablement et sincèrement changer. Elles peuvent même solliciter l'aide d'un professionnel pour cela. Ça ne les immunise pas de tomber sur une barrière intérieure invisible, lorsqu'il s'agit de passer concrètement à l'action. Et alors, généralement, vient le moment des excuses. Bien qu'elles soient conscientes du changement qu'elles souhaitent opérer, il existe autant sinon plus de raisons inconscientes qui les poussent à rester dans le même schéma. Ces personnes disent par leur comportement : « Je sais que j'ai besoin de changer, mais je ne me sens pas encore prêt. J'ai besoin de laisser mûrir les choses en moi ».

 

3.  Je me cherche des excuses pour être poli

 

 

Une excuse peut également être une façon « polie » de décliner une invitation ou une proposition. Certaines personnes ont en effet beaucoup de mal à affirmer clairement leurs besoins, préférences et valeurs. Elles craignent qu'une telle affirmation ne froisse les autres. Les excuses sont alors comme une roue de secours pour éviter de blesser l'autre tout en esquivant un événement qui ne les intéresse pas. Cette attitude frôle avec une forme bénigne d’hypocrisie aux yeux de certains, mais qu'ils ne soient pas offensés ! Il n'y a, en effet, rien de personnel dans ce comportement, seulement un certain manque de confiance en soi chez leur interlocuteur.

 

 

Si vous tentez d'inviter une connaissance ou un à ami à une sortie, une soirée, un rassemblement, et qu'il continue à trouver des excuses et des empêchements et ne semble pas vouloir trouver de compromis, il essaie simplement de vous dire : « Merci, mais je ne souhaite pas le faire, car je ne suis pas intéressé par cette activité/ j'ai d'autres priorités en ce moment ». Laissez tomber et invitez quelqu'un d'autre.

 

 

4. Le dico des excuses

 

 

Clarifier ses propres intentions ainsi que celles de son interlocuteur peut éviter les malentendus. Voici donc le dictionnaire des trois excuses les plus courantes.

 

 

« Je n'ai pas le temps » = J'ai d'autres choses plus importantes à faire, que je considère être mes priorités. (En effet, lorsqu'on souhaite vraiment faire quelque chose, on réorganise tout simplement son emploi du temps. Le manque de temps est un phénomène qui n'existe pas dans la vie. Le gaspillage, en revanche, si.)

 

 

« J'aurais bien aimé, mais telle circonstance/personne m'en empêche » = Je ne souhaite pas le faire, car cela va bousculer mon quotidien, et je tiens particulièrement à ma routine quotidienne. (La personne tient vraiment à la chose, la relation ou la circonstance en question et ne souhaite pas y renoncer ou y apporter des modifications au profit de la nouveauté).

 

 

« Ce serait avec plaisir, mais malheureusement je suis déjà pris » (sans proposer de compromis ou de date ultérieure) = Ça ne m'intéresse pas, merci. (En effet, lorsqu'une opportunité du siècle vous tombe dessus, comme aller à un concert de votre star préférée, faire un voyage incroyable ou assister à la conférence dont vous avez rêvé depuis toujours, pris ou pas, vous cherchez une façon de vous arranger pour être présent le jour venu).

 

 

5. Être honnête avec soi-même

 

 

Lorsque nous croyons à nos propres excuses, elles deviennent une façon de nous mentir à nous-mêmes et de nous voiler la face pour ne pas regarder une certaine vérité droit dans les yeux. Si vous en prenez conscience, vos excuses deviendront un outil pour avoir une vision claire de vous-même et de votre situation dans la vie. Pour cela, prenez une excuse que vous avez tendance à donner par rapport à une situation concrète dans votre vie et posez-vous les questions suivantes :

 

-Quelle est mon ressenti véritable par rapport à cette situation ?

 

-Quel est mon but ?

 

-Qu'est-ce que je fais pour l'atteindre ?

 

-Quelles sont mes priorités ?

 

 

Supposons, qu'une jeune femme se retrouve dans une relation toxique mais peine à s'en sortir. Malgré son mal-être indéniable, elle cherche des excuses à soi-même et à son conjoint : « Je ne dois pas bien m'y prendre avec lui, pas assez lui montrer que je l'aime, je vais redoubler d'efforts ». « Il a dû avoir une mauvaise journée ». « Il a un fort caractère ». « Il m'aime au fond de lui, il n'est simplement pas très démonstratif ». Lorsqu'elle se demande quel est son véritable ressenti par rapport à sa situation de couple, elle réalise qu'elle n'est pas heureuse, et qu'au fond elle ne souhaite pas être maltraitée. Son véritable but dans la vie est d'être aimée, d'avoir une relation amoureuse qui l'épanouisse. Malheureusement, elle réalise aussi qu'elle ne fait rien pour atteindre son but. A la place, elle se cherche des excuses pour rester à la case départ, car la peur de se retrouver seule est plus forte que la souffrance qu'elle subit au quotidien. Elle comprend ensuite qu'être heureuse en amour est une priorité pour elle, et que cette priorité dépasse sa peur et sa souffrance. Là, ayant démêlé son propre comportement, avec une vision claire des priorités, elle peut envisager de changer. Si toutefois, elle réalise que la peur de la solitude a priorité sur le désir d'être heureuse, elle peut rester en toute conscience dans sa relation toxique, mais elle saura alors qu'elle partage la responsabilité de sa situation actuelle, et qu'à tout moment le choix de changer et de mettre fin à la souffrance lui revient.

 

 

 

 

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