L'art de la communication consciente

On me demande souvent des conseils pour parvenir à mieux communiquer en couple, au travail, en famille. Par mieux communiquer, j'entends bien sûr une capacité à vous faire entendre tout en tenant compte du point de vue de l'autre afin d'arriver à un compromis. Tant de disputes, conflits et souffrances émotionnelles arrivent uniquement parce que nous ne savons pas quelle approche adopter face à l'autre. Dans cet article on va donc passer en revue les principaux écueils et solutions à vos impasses relationnelles.

 

 

Pas si évident de communiquer quand on a mal

Imaginez-vous toute une population de personnes couvertes de bleus. Chaque fois que vous tentez d'entrer en contact avec eux, vous risquez de les bousculer et d'appuyer là où ça fait mal. De même, ils peuvent raviver vos propres douleurs sans même en avoir conscience. C'est ainsi que fonctionnent nos relations, elles ravivent nos blessures émotionnelles de l'enfance, et il n'est pas si aisé de parvenir à communiquer lorsqu'on souffre.

 

 

Face à une douleur émotionnelle, une personne peut adopter trois comportements les plus courants : les larmes, l'agressivité ou le silence.

 

 

Les larmes : la personne se met en position de victime vous désignant ainsi comme son bourreau et l'unique responsable de sa douleur. Elle cherche inconsciemment à vous culpabiliser, car la culpabilité d'avoir fait quelque chose vous empêchera de le refaire à nouveau. Cette personne essaie ainsi d'éviter que la situation qui lui a causé du tort ne se reproduise.

 

 

L'agressivité : la personne adopte un comportement agressif, crie, casse des objets, profère des menaces voire devient physiquement violente. Cette personne se met en position de bourreau vous désignant comme sa victime. Elle cherche inconsciemment à vous intimider, car si vous avez peur, cela vous empêchera de refaire la chose qui lui a causé de la douleur. Cette personne essaie donc aussi d'éviter que la situation qui lui a causé du tort ne se reproduise.

 

 

Le silence : la personne s'enferme dans sa bulle et refuse toute communication. Cette personne se retire en quelque sorte de la relation pour vous laisser face à vous-même. On dit souvent de ces personnes-là qu'elles boudent ou qu'elles cherchent à manipuler, et on qualifie ce comportement de passif-agressif. En réalité, la majorité de ces personnes sont très sensibles et se sentent très facilement blessées au point qu'elles sont incapables de communiquer. En rompant le dialogue et en rentrant dans leur carapace imaginaire, elles cherchent donc à se mettre à distance de vous afin d'éviter que la situation qui leur a causé du tort ne se reproduise.

 

 

Vous remarquerez que dans les trois cas il s'agit simplement d'une stratégie pour éviter de souffrir, quelle que soit le comportement adopté. La clé pour ouvrir un dialogue est donc de prévenir ou bien de reconnaître la souffrance de l'autre. Comment ? Tout simplement en étant bienveillant envers lui !

 

 

La bienveillance avant tout

Pour ouvrir un véritable dialogue, la bienveillance est la clé. Comme je l'ai mentionné plus haut, nous portons tous en nous des blessures émotionnelles, blessures qui s'activent face aux critiques, aux reproches, aux injonctions ou aux conseils de toutes sortes. C'est pourquoi, en cas de désaccord, je préconise la plus grande douceur et bienveillance. Renoncez à critiquer, à rabrouer ou à faire des reproches. Oui, le comportement de l'autre vous a peut-être offensé ou incommodé, mais ce n'est pas de son fait. Vous avez mal uniquement parce que vous aussi portez une blessure, donc parlez-lui d'abord de ce que vous ressentez.

 

 

La communication bienveillante

Voici ma petite recette d'une communication bienveillante pour vous :

 

 

-Parlez uniquement des faits objectifs (évitez d’interpréter)

 

Exemple d'un fait objectif : mon conjoint a oublié de venir me chercher à la gare à l'heure convenue

 

Exemple d'interprétation : cela veut dire que mon conjoint me néglige, ne m'aime plus, m'abandonne etc.

 

 

-Dites comment vous vous sentez dans cette situation et soyez sincère (c'est ici que votre interprétation vous aide, mais prenez garde à ne parler que de vous)

 

Exemple : dans cette situation, je me sens triste, pas aimée, abandonnée et négligée

 

 

-Demandez à l'autre de partager son point de vue (vous serez souvent surpris de sa propre interprétation des faits)

 

Exemple : « Comment se fait-il que tu aies oublié de venir me chercher ? Il est arrivé quelque chose ? » - « Oui, j'étais épuisé après le travail et j'ai voulu faire une sieste. Mon portable était déchargé, je n'ai donc pas entendu tes appels. En me réveillant il était déjà trop tard ».

 

 

-Trouvez un compromis ensemble (que pouvez-vous faire tous les deux afin que la situation ne se reproduise?)

 

Exemple : « La prochaine-fois, pourrais-tu t'assurer que ton portable soit allumé afin que je puisse te joindre ? » - « La prochaine-fois pourrais-tu m'envoyer un SMS de rappel 1h avant notre rendez-vous afin que je m'organise ? »

 

 

 

 

Pourquoi sa marche ?

En évoquant les faits objectifs, vous ouvrez le dialogue sur un ton neutre et évitez d'incriminer l'autre dès le départ. Vous évitez ainsi qu'il ne se braque. En évoquant vos émotions face à cette situation, vous aidez l'autre à comprendre ce que vous ressentez et les raisons de votre attitude. En lui demandant de partager son point de vue, vous montrez à l'autre que vous êtes prêts à en tenir compte. En trouvant un compromis vous vous mettez en situation de coopération plutôt que de domination, ce qui assure une résolution harmonieuse de la situation.

 

 

Pour aller plus loin

Dans la grande majorité des cas, vous remarquerez que votre interprétation des faits est très loin de la réalité. La majorité des personnes ne voudraient jamais faire délibérément du mal aux autres. Si cette situation vous a fait souffrir, c'est parce que vous portez une blessure en vous qui s'était activée dans ces circonstances particulières, et votre interprétation subjective des faits découle directement de cette blessure. Vous pouvez donc apprendre à utiliser les circonstances de votre vie quotidienne afin d'identifier vos blessures émotionnelles. Demandez-vous, par exemple : « Pourquoi ai-je interprété cette situation comme une négligence et un abandon ? Quand, dans ma vie, m'étais-je déjà senti abandonné et par qui ? » Ensuite laissez les mémoires et les émotions du passé remonter et pratiquez l'exercice d'écoute émotionnelle (voir ma vidéo).

 

 

 

 

 

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