Méditer avec ses enfants

Nos enfants sont l'avenir, et il est tout à fait naturel de souhaiter le meilleur pour eux. Nous espérons secrètement devenir de meilleurs parents que ne l'étaient les nôtres et d'offrir à nos filles et à nos fils tout ou une partie des choses dont nous avons manqué: un beau cadre de vie, les jouets et les vêtements qu'ils désirent, de prestigieuses études etc. Pour une raison ou une autre, les bienfaits matériels viennent très facilement à notre esprit, mais qu'en est-il de ce qui ne peut pas s'acheter?

 

Enfant, j'ai manqué de tellement de choses qu'il serait plus facile de dresser la liste de ce que j'avais plutôt que de ce que je n'avais pas, et pourtant, s'il y avait une chose que je voudrais absolument offrir à mes enfants, c'est une guidance pour mieux accueillir, comprendre et vivre leurs émotions.

 

C'est vraiment dommage que personne ne nous enseigne ce type de savoir basique à l'école. Si tel était le cas, je n'aurais pas eu à combattre les compulsions alimentaires avec le surpoids et le mal-être qui les accompagnait pendant près de 12 ans. Je n'aurais pas souffert dans mon corps à cause des réactions psychosomatiques violentes qui se manifestaient à chaque stress. Je ne me serais pas sentie nauséeuse d'anxiété avant chaque examen, et je n'aurais pas eu à combattre chacune des émotions qui se manifestaient en moi, car elles n'auraient plus été un danger pour mon équilibre et pour mon bien-être. Je parle ici de mon enfance en particulier, mais combien d'adultes aujourd'hui traînent en eux le même mal-être, et combien d'enfants actuels emprunteront le même chemin si rien n'est fait?

 

Heureusement, ce n'est pas l'école qui a le mot d'ordre en ce qui concerne l'éducation de nos enfants, et il nous est toujours possible de combler les lacunes de l'enseignement général. Alors pourquoi ne pas apprendre à nos enfants la méditation? Mieux: pourquoi ne pas méditer avec eux, ensemble?

 

Méditer c'est accepter de laisser les distractions extérieures pour un temps et plonger dans son monde intérieur fait de pensées, de sensations et, bien sûr, d'émotions. Les enfants sont naturellement moins analytiques et plus émotifs que les adultes, car leur pensée logique n'a pas encore été exacerbée par le formatage scolaire. Ils sont aussi plus observateurs, bien que moins patients.

Il est rassurant pour un enfant d'être accompagné par ses parents lorsqu'il entre au contact de ses émotions, parce que cela crée un cadre sécurisé et bienveillant pour ce type d'exploration. Cela lui montre également que les émotions ne sont pas un problème, mais une manifestation naturelle, unique et colorée de son être, et qu'elles méritent son attention.

 

Savoir que non seulement ses émotions ne seront pas réprimés ou sanctionnés par les adultes, mais qu'en plus on lui offre un outil pour les approcher, sera primordial pour la construction de l'enfant, car cela lui permettra, dès le plus jeune âge, de tisser une relation avec soi-même basée sur la confiance et la bienveillance. Cela lui enseignera également que ce qu'il ressent au fond de lui-même est d'importance égale ou supérieure à toutes les distractions extérieures de la vie quotidienne, ce qui instaurera un équilibre naturel entre son monde intérieur et son monde extérieur.

 

Beaucoup d'enfants résistent à se coucher le soir et réclament un rituel du coucher, comme la lecture d'une histoire. C'est parce que dès lors qu'ils se retrouvent seuls dans leur lit, toutes les émotions et les impressions de la journée affleurent à la surface de leur conscience pour être assimilées, et ce trop plein émotionnel peut être source d'angoisse. C'est un moment idéal pour introduire une courte méditation adaptée propice à l'endormissement

 

 

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