Faire équipe avec son corps

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En tant qu'humains, nous sommes des êtres multiples, dotés à la fois d'une dimension spirituelle et d'une dimension physique. Témoin de cette dernière, le corps n'est pas toujours considéré comme une force. Vulnérable aux blessures et aux maladies, ce corps qui vieillit et change d'aspect est souvent négligé, caché, oublié dans la vie quotidienne. Pour certains il peut devenir un objet de honte ou une source de mal-être permanent. Pourtant c'est bien lui, notre corps, qui nous permet de goûter à toutes les expériences de la vie. Sans lui nous ne pourrions pas nous émerveiller des couleurs de la nature, du chant mélodieux des oiseaux, de la chaleur du soleil sur notre peau, de la caresse des vagues, du parfum des fleurs, des saveurs de nos aliments préférées. Qu'il soit assumé ou non, ce corps fait partie intégrante de notre vie et nous ne pouvons pas le fuir. Est-il possible alors de renouer un dialogue avec lui pour rendre notre existence plus harmonieuse ?

 

Enfants nous vivons en paix avec nous-mêmes et avec notre corps jusqu'au moment fatidique où nous comprenons que ce corps est aussi une « vitrine », une « carte de visite » qui fait interface dans nos relations avec les autres. Un jour nous découvrons que notre corps chéri ne correspond pas toujours aux normes et aux attentes des autres, quand ce ne sont pas nos propres attentes qui se trouvent déçues. Nous pensant trop gros ou trop minces, trop robustes ou trop gringalets, trop souvent malades ou en souffrance, nous commençons a nourrir nos premières pensées hostiles vis-à-vis de notre corps. Un jour, cette guerre qui avait débuté dans notre esprit prend une dimension concrète nous poussant à prendre les armes : régimes, chirurgie, sport à outrance, vêtements couvrants... Nous agissons comme si le corps était un ennemi, mais si nous nous trompions ?

 

Regardons de plus près. Notre corps possède une intelligence biologique qui lui est propre. Il assure notre survie 24h/24h et 7j/7j en dialoguant avec nous par le biais des sensations. Il déclenche la faim lorsqu'il a besoin d'énergie et la soif lorsqu'il doit renouveler ses réserves en eau. Il nous protège en déclenchant une douleur si nous frôlons un objet brûlant, et son système immunitaire s'occupe de nous garder à l'abri des virus et des bactéries. Une multitude de processus biologiques internes dont nous n'avons même pas conscience contribuent à nous garder en équilibre et en bonne santé. Mais tout cet ensemble parfait a une limite : nous ! Nous devons accepter de coopérer avec notre corps, nous devons être disposés à faire équipe avec lui, sans quoi il ne pourrait assurer notre bien-être ni notre survie. S'il n'y a personne pour répondre à la faim ou à la soif, s'il n'y a personne pour prendre les mesures nécessaires en cas de signaux de douleur, notre corps est condamné. Lorsque nous mettons à mal cette précieuse harmonie interne en faisant des régimes, de la chirurgie abusive ou des efforts excessifs, lorsque nous blâmons notre corps d'avoir été créé tel qu'il est, n'est-ce pas plutôt nous qui nous conduisons en ennemis de notre corps et non l'inverse ?

 

Dans la vie nous travaillons tous en binôme : corps et esprit oeuvrent côte à côte afin que la création continue à travers chacun d'entre nous. Si nous sommes trop occupés à nous faire la guerre, nous ne sommes tout simplement pas disponibles pour co-créer avec le reste de l'Univers ! La fin de toute guerre commence ici et maintenant, avec l'acceptation inconditionnelle de toutes nos dimensions y compris la dimension physique. C'est pourquoi cherchez à écouter et à comprendre votre corps et il vous révélera ses trésors. Votre corps vous montrera le chemin de la paix et de l'équilibre en vous-mêmes, il vous aidera à calmer vos émotions envahissantes, il vous dira comment prendre soin de lui et votre quotidien ne s'en trouvera qu'amélioré.

 

La sophrologie constitue l'un des moyens pour apprendre l'écoute du corps, dont je peux témoigner personnellement. Tous les exercices de sophrologie participent à cet objectif. Avec la pratique, j'ai découvert tout un monde à l'intérieur de moi... et au-delà. Il y a tant à explorer dans cette relation corps-esprit ! Paradoxalement, plus j'écoute mon corps mieux je perçois le monde autour de moi ; mes sens s'aiguisent, je perçois les détails qui composent toute la richesse de mon expérience chaque jour. La vie s'ouvre à moi dans toute sa magnificence et je deviens enfin capable d'apprécier chaque stimuli véhiculé par mes sens physiques jusqu'à ma conscience.

J'ai découvert que pendant des années je pouvais vivre dans ma tête, entourée de mots et de concepts, sans jamais me plonger dans l'expérience directe de la vie, car cela voulait dire passer par le corps dont je m'étais coupée... Je me souvenais qu'étant enfant tout semblait si réel, si vivant, et qu'en grandissant j'avais de plus en plus l'impression de regarder le monde à travers une vitre qui m'empêchait d'y goûter pleinement. Et cette barrière invisible n'était rien d'autre que cette hostilité envers mon corps qui ne me permettait pas d'utiliser ce dernier à son plein potentiel.

 

En réalité, j'avais commencé à me réconcilier avec mon corps grâce au Qi Gong, puis la sophrologie avait pris le relais, car j'ai trouvé cette méthode plus accessible aux mentalités occidentales et j'ai été séduite par sa capacité à nous emmener à des niveaux de conscience plus profonds. C'est comme si on combinait le mouvement et la méditation afin que le corps et l'esprit s'harmonisent. Les résultats n'ont pas tardé à se faire ressentir non seulement au niveau du bien-être éprouvé, mais aussi des symptômes psychosomatiques parfois impressionnants dont j'étais auparavant régulièrement sujette depuis l'adolescence. Étant à l'écoute de mon corps, ce dernier n'a plus eu besoin de se rappeler à moi par des douleurs, des crampes musculaires violentes ou d'autres moyens dont il usait par le passé.

 

Mon corps est enfin devenu mon ami, un compagnon qui me suit dans chacune de mes aventures. Sans moi, il ne peut survivre. Sans lui, je ne peux expérimenter la vie. N'est-ce pas merveilleux de pouvoir vivre consciemment et harmonieusement cette symbiose qui ne fait qu'enrichir notre conscience de nous-mêmes ?

 

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