Nous sommes ce que nous pensons

A côté de notre monde bien solide et concret en 3D, dans lequel nous évoluons tous les jours, il existe un tout autre monde plus subtil : le monde de nos pensées. Chacun d'entre nous a des idées plein la tête ; cela commence le matin et s'interrompt le soir au coucher pour reprendre le lendemain. Lorsque nous ne verbalisons pas nos pensées, elles restent cachées à notre entourage et, pensons-nous, sans incidence sur notre quotidien. Penser du mal d'un autre en cachette ? Se fustiger mentalement ? Ce n'est pas grave, nous disons-nous, cela reste dans la tête ! Et si le contenu de nos pensées n'était pas sans conséquences sur nos vies et sur notre identité ?

 

Chaque jour nous faisons face à diverses situations agréables ou non, manipulons des objets, en créons de nouveaux, nous déplaçons et agissons comme si le monde autour de nous était déconnecté de notre réalité intérieure, comme s'il était en quelque sorte extérieur à nous. Ce faisant nous oublions un fait fondamental : tout ce qui existe, toute action qui s'effectue, toute situation qui se déroule a d'abord été pensé par quelqu'un.

 

Il a fallu des personnes pour imaginer un avion, afin qu'aujourd'hui les voyages aériens soient aussi naturels que de la marche à pieds. Il a fallu des personnes pour penser le système législatif et l'organisation du travail et de nos sociétés afin que notre quotidien soit ce qu'il est aujourd'hui. Il a fallu que vous pensiez exercer l'emploi que vous faites actuellement pour ensuite accéder à votre poste. Considérant cela, il devient évident que le monde qui nous entoure provient directement de la somme des pensées de toutes les personnes qui ont vécu et vivent aujourd'hui.

 

A plus petite échelle, notre vécu particulier est également déterminé par les pensées que nous entretenons à son sujet. Faisons un test, recensons les pensées les plus fréquentes qui nous passent par la tête et comparons-les à la qualité de notre vie. Pensons-nous « je ne suis bon à rien », « je n'ai jamais de chance », « le bonheur c'est pour les autres » ou bien « je m'apprécie pour qui je suis », « j'ai confiance en moi et en mes capacités », « je sais que je suis capable d'améliorer ma vie » ? Ensuite regardons notre vie : n'est-elle pas le reflet de ce que nous pensons ?

 

Si je me crois n'être bon à rien, je n'aurai pas la confiance nécessaire pour atteindre mes objectifs et même si j'essaie, j'aurai tendance à faire des erreurs qui me conduiront à l'échec que je prendrai pour preuve de mon inaptitude. A l'inverse, si je me crois capable d'améliorer ma vie, je me donnerai les moyens nécessaires pour parvenir à la réussite. Cela ne veut pas dire que je n'échouerai jamais, simplement je ne me laisserai pas arrêter par l'échec, jusqu'à ce que j'atteigne le but. Dans un cas comme dans l'autre je suis la même personne, mais ce que j'accomplis dans ma vie est directement déterminé par le regard que je porte sur moi, par ce que je pense de moi-même.

 

Il en est de même de l'entourage : si je ressens de la rancune envers un ami, mon comportement envers lui sera directement influencé par mes pensées et émotions négatives. Une telle relation ne pourrait m'apporter l'épanouissement que je recherche. Mais dès l'instant où je décide de pardonner à mon ami, tous les développements positifs de cette amitié s'offrent à moi.

 

Penser positif n'a rien à voir avec un regard utopiste sur la vie ! Si nous considérons les exemples ci-dessus, la pensée positive devient un choix conscient qui nous mène vers plus d'harmonie dans nos relations à nous-mêmes et aux autres. Voir le verre à moitié vide n'est qu'un choix plus ou moins inconscient que nous avons effectué précédemment et auquel nous continuons peut-être de nous conformer aujourd'hui. Mais voir le verre à moitié vide n'est qu'un point de vue, et il nous rend malheureux. Chaque jour et à tout instant nous pouvons choisir de voir le verre à moitié plein, d'adopter une autre perspective de la même situation qui, elle, nous aiderait à nous sentir mieux.

 

Vous avez raté votre bus ? Magnifique, cela vous offre dix minutes supplémentaires pour terminer la lecture du chapitre en cours de votre roman préféré. Un client a annulé un rendez-vous ? Alors accordez-vous ce temps pour faire quelque chose que vous aimez absolument ! Quelqu'un de votre entourage a attrapé la grippe ? Réjouissez-vous d'être en bonne santé à cet instant.

 

Des études ont montré que les personnes optimistes réussissaient plus souvent leurs objectifs que les personnes qui cultivaient un état d'esprit négatif. C'est logique lorsque l'on sait que les pensées négatives s'accompagnent de la sécrétion des hormones de stress qui épuisent l'organisme. A l'inverse, les pensées agréables sont accompagnées d'une augmentation des taux de sérotonine et des endorphines dans le corps. Ces hormones de plaisir et de joie stimulent positivement l'organisme entier, et nous nous sentons pleins d'entrain et d'énergie pour nous lancer à la conquête de chaque journée.

 

Mais, me direz-vous, je suis ainsi, je ne peux pas m'empêcher de penser au pire à chaque fois ! Ce n'est pas du tout un obstacle, car en ce qui concerne la pensée positive, tout est question d’entraînement. Depuis peu les chercheurs ont découvert ce qu'ils ont appelé la plasticité neuronale du cerveau. Il s'agit d'une capacité d'adaptation ne nos neurones en fonction des activités que nous faisons tous les jours. Par exemple, lorsque nous apprenons à jouer du piano, au début nos tentatives sont maladroites, mais plus nous pratiquons et plus nos gestes deviennent assurés et notre musique fluide, ceci parce que les neurones du cerveau dédiées au jeu sur le piano ont progressivement établi de plus en plus de connexions entre eux en créant tout un réseau de synapses.

Avec nos pensées c'est exactement la même chose. Si tous les jours nous critiquons nous-mêmes ou les autres, pestons contre le mauvais temps ou nous énervons à tout bout de champ, nous stimulons notre réseau neuronal de pensées et d'émotions négatives. En ce faisant, nous renforçons notre capacité à nous irriter facilement. Par contre, si tous les jours nous voyons les bons côtés de la vie, si nous sommes reconnaissants pour toutes les bonnes choses que nous avons, si nous rions, nous stimulons et renforçons les neurones qui gèrent tous ces états positifs et nous augmentons notre capacité à nous sentir bien. Il suffit de nous entraîner !

 

La pensée positive peut réellement changer votre vie. Testez le petit exercice qui suit et voyez par vous-même :

Prenez un carnet vierge consacré exclusivement à cet exercice. Pendant un mois, prenez cinq à dix minutes tous les matins et notez cinq choses que vous êtes très heureux d'avoir ou de vivre au quotidien. Puis notez le meilleur événement de la veille qui vous a procuré le plus de joie. Relisez votre liste et mesurez votre chance de faire toutes ces belles expériences. Recommencez le lendemain.

 

Au bout d'un mois faites un petit bilan : qu'est-ce qui a changé dans votre façon de voir la vie ? Dans votre façon de penser ? Votre vie est-elle plus agréable qu'avant ? Si oui, en quoi ?

 

Grâce à cette découverte sur la plasticité neuronale, il apparaît que nous sommes véritablement ce que nous pensons. Et comme nous avons la possibilité de rendre nos pensées plus positives, ce faisant nous pouvons travailler chaque jour à créer un « moi » que nous aimons et une vie qui nous passionne. Alors n'attendons plus, commençons maintenant !

 

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