le bonheur du non-attachement

Qui n'a jamais ressenti la douleur d'avoir perdu un proche, d'avoir assisté impuissant à la fin d'une relation importante, d'avoir perdu un objet auquel il tenait ou d'avoir manqué un objectif important ? Toutes ces situations sont source de souffrance, et toutes partagent une caractéristique commune : l'attachement à une personne, à un objet ou à une issue. Pourquoi l'attachement rime forcément avec souffrance ? Pouvons-nous vivre toutes ces épreuves d'une manière beaucoup plus positive et heureuse ? Et si oui, comment procéder ?

 

Lorsque vous êtes avec une personne que vous appréciez, vous aimeriez que ce beau moment dure pour toujours, ou du moins aussi longtemps que possible. En vacances, dans un décor idyllique, vous rêvez que toute votre vie puisse être aussi agréable, sereine et reposante. Et ce vase, cadeau de votre chère maman pour votre mariage, et qui décore aujourd'hui votre salon fait votre fierté. Vous vous dites qu'il n'y a pas de mal à aimer les bonnes choses, vous êtes heureux... jusqu'à ce qu'un jour la relation prenne fin, les vacances se terminent et le vase se brise.

 

L'attachement est un désir, bien ancré chez l'être humain, de « figer » les choses : de prolonger les instants agréables et d'éviter les instants moins agréables. Nous avons cette illusion que tout pourrait durer éternellement. Pourtant si nous observons la marche de l'Univers, son unique constante est le changement. Le jour prend fin et doit être remplacé par la nuit qui, elle non plus, ne peut durer et laisse la place à un jour nouveau. Les saisons s'enchaînent ; les êtres et les plantes naissent, vieillissent et meurent ; les objets sont fabriqués, s'usent et tombent en poussière ; dans notre propre corps des millions de cellules meurent et sont remplacées par d'autres à chaque seconde. Le mouvement, le changement est tout ce qu'il y a de plus naturel dans le monde où nous vivons. Rien ne peut durer éternellement, ainsi l'équilibre général est préservé.

 

Une cellule du corps qui refuse de mourir et continue à se diviser de manière désordonnée crée un déséquilibre : le cancer. Notre souffrance vient aussi d'un déséquilibre qui est la volonté d'empêcher le changement de se produire. Bien entendu, le monde n'en cesse pas pour autant de tourner et cet écart croissant entre ce que nous voulons et ce qu'il y a est principalement à l'origine d'un déchirement intérieur qui peut prendre la forme de la nostalgie, de la jalousie, de la tristesse, de la colère et ainsi de suite.

 

Plus l'écart entre nos désirs et les faits est grand, plus nous souffrons. Plus nous nous attachons à nos désirs en niant les faits, plus nous souffrons. La seule manière de stopper la souffrance est d'aller au rythme de l'Univers et donc du changement. Nous devons apprendre à nous adapter aux situations plutôt qu'à leur résister. Cela nous aidera à rendre notre existence plus fluide, plus harmonieuse et plus heureuse.

 

Nous disons souvent que la nature a horreur du vide, et c'est aussi le cas de la nature humaine. Nous tenons tant à toutes ces personnes, objets et situations parce que leur perte cause un « vide » en nous, mais nous devons nous rappeler que chaque chose qui s'en va dégage la place au nouveau. N'est-ce pas une belle occasion de nous réjouir ?

 

Peut-être que cette relation amoureuse qui se termine laissera la place à une autre, encore plus belle, ou bien peut-être qu'elle se transformera en une amitié encore plus profonde et plus riche en partages ? Peut-être que cette écharpe qui a déteint sur tous vos vêtements lors d'une lessive vous offre une magnifique occasion de renouveler votre garde-robe ? Peut-être que cette maladie qui s'est déclarée est là pour vous montrer à quel point votre santé est précieuse et qu'un mode de vie plus sain est à adopter ?

Nous ne pouvons pas « posséder » les personnes et les choses, car étant changeantes, elles ne font que passer dans nos vies. Dès lors, l'objet en lui-même perd de son intérêt, et la seule chose qui puisse compter est l'expérience. Un jour notre temps dans ce monde sera écoulé et nous ne pourrons jamais emmener avec nous ces personnes et ces objets, par contre les expériences vécues resteront avec nous même sur notre lit de mort.

 

C'est pourquoi interrogez-vous dès à présent. Qu'est-ce qui est plus important au fond : que cette personne soit « vôtre » ou que vous partagiez des moments précieux ensemble ? Est-il plus important de posséder une maison ou de vivre dans une maison même si vous n'en êtes pas le propriétaire ? Qu'est-ce qui a plus de valeur: qu'une expérience dure éternellement ou bien le simple fait que nous ayons eu la chance de la vivre? Bien sûr chacun de vous doit avoir ses propres exemples, méditez un instant dessus...

 

Nous pouvons très bien être pauvres du point de vue des possessions, mais c'est bien notre expérience qui fait notre richesse à long terme. Et l'Univers abonde d'expériences et nous en présente chaque jour de nouvelles !

 

Accueillir le changement, le vivre avec enthousiasme, voilà le gage de notre évolution, de notre prospérité et de notre bonheur au quotidien.

 

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